Un couple m'a arrêté sur le quai de la gare de La Spezia, carte papier dépliée à l'envers, l'air complètement perdu. « On veut voir les cinq villages aujourd'hui, c'est possible ? » Il était 11 h. Ils avaient trois heures avant le dernier train de retour. J'ai regardé leur carte, j'ai regardé l'heure, et j'ai fait la seule chose décente : je leur ai montré sur ma propre carte que non, ce n'était pas possible, et je leur ai tracé une journée de deux villages. Ils sont revenus le soir, ravis. Pas frustrés. C'est toute la leçon d'une bonne carte des 5 Terres : elle ne sert pas à cocher des cases, elle sert à décider.
Parce que le problème, avec les Cinque Terre, ce n'est pas de savoir où elles sont. Tout le monde le sait vaguement : en Ligurie, sur la côte, entre Gênes et La Spezia. Le problème, c'est que ces cinq villages sont collés les uns aux autres sur une bande de terre de moins de 15 kilomètres, coincés entre la mer et une montagne, et que les distances à vol d'oiseau ne veulent rien dire dès qu'il faut les parcourir. Une carte mal lue, et vous passez votre journée à rebrousser chemin.
Points clés à retenir
- Les cinq villages, du nord au sud : Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola, Riomaggiore, tous en province de La Spezia.
- Corniglia est le seul village perché au-dessus de la mer — il faut monter environ 380 marches (ou prendre la navette) depuis la gare.
- Le train régional est le moyen de transport le plus fiable entre les villages : la voiture y est quasiment inutile, voire un handicap.
- Deux gares d'accès principales : Levanto au nord et La Spezia au sud.
- Les distances à pied sont courtes mais les sentiers sont exigeants : la montée entre Vernazza et Corniglia, par exemple, demande de bonnes chaussures.
- Une carte, ça se prépare avant : sentiers ouverts, horaires de train, parkings. Sur place, on marche, on ne cherche pas.
Comment lire une carte des Cinque Terre sans se tromper
La première fois que j'ai regardé une carte des Cinque Terre, j'ai cru que cinq villages alignés sur la côte, c'était une promenade. J'avais tort. Ce qu'une bonne carte montre, et que mon œil pressé avait raté, c'est le relief : une ligne de crête qui tombe presque à pic dans la mer. Les villages sont dans des criques, reliés par des sentiers de muletiers qui montent et descendent en permanence.
Ce que révèle une carte bien faite
Sur la plupart des cartes en ligne, ce que vous voyez en premier, c'est le trait de côte et les rails. Ce qui compte, c'est les trois couches superposées : les villages, la ligne de train, et le réseau de sentiers. Si votre carte n'affiche que les deux premières, elle est incomplète pour préparer une randonnée.
- La ligne ferroviaire, qui longe la côte et s'arrête dans chaque village sauf Corniglia (arrêt sur les hauteurs, navette obligatoire)
- Le sentier bleu, dit SVA, qui relie les villages du nord au sud — une partie peut être fermée selon les éboulements
- Les sentiers hauts, plus exigeants, qui passent par les hameaux et les terrasses de vignes
Nord-sud ou est-ouest : le piège de l'orientation
Voilà une erreur que j'ai faite une fois et que je ne referai pas. Les Cinque Terre s'étirent du nord-ouest au sud-est, mais les cartes grand public les représentent souvent à plat, ce qui donne l'impression d'un alignement parallèle à l'horizon. Résultat : j'avais mal évalué l'orientation du soleil et je me suis retrouvé à photographier Manarola à contre-jour en fin d'après-midi, alors que c'est justement le meilleur moment pour elle. Regardez l'orientation réelle, notez où se lève le soleil, et vous comprendrez pourquoi certains villages se photographient mieux le matin.
Je vous conseille d'ouvrir une carte interactive (OpenStreetMap fait très bien le travail) et de tracer vous-même votre parcours. Vous verrez immédiatement ce que les cartes statiques cachent : la montagne juste derrière.
Les cinq villages sur la carte : qui est où, et qu'est-ce que ça change
Sur une carte des 5 Terres, l'ordre est toujours le même, et il détermine toute votre logistique. Du nord au sud :
| Village | Ce qui le distingue | Ce qu'il implique côté carte |
|---|---|---|
| Monterosso | Le plus grand, la seule vraie plage de sable | Point d'entrée nord, accessible depuis Levanto |
| Vernazza | Village-poste de carte postale, petite place sur la mer | Gare en centre-village, sentier côté nord et sud exigeant |
| Corniglia | Perché, pas sur la mer | Gare en haut, 380 marches ou navette pour descendre au village |
| Manarola | Falaises et terrasses de vignes | Sentier vers Riomaggiore souvent fermé (Via dell'Amore) |
| Riomaggiore | Maisons colorées serrées dans la vallée | Point d'entrée sud, proche de La Spezia |
Ce tableau paraît anodin. En réalité, il répond à 80 % des questions que je reçois sur le sujet. « Où loger ? » dépend de la gare d'arrivée. « Quel jour pour la randonnée ? » dépend de l'ordre dans lequel vous voulez enchaîner les villages. Et « combien de temps ? » dépend de Corniglia, qui casse le rythme parce qu'on y monte.
Où se trouvent les 5 Terres en Italie, exactement ?
En Ligurie, sur la côte de la Riviera du Levant, dans la province de La Spezia — à l'est de Gênes. Les cinq villages occupent une tranche littorale d'environ 15 kilomètres entre Levanto (au nord) et La Spezia (au sud). C'est indispensable à comprendre pour préparer le trajet : les Cinque Terre ne sont pas une île, mais elles n'ont pas non plus de route côtière continue qui les traverse. La route existe, mais elle passe en montagne, au-dessus des villages, et ne les dessert qu'à la marge.
Cinque Terre carte train ou carte voiture : ce que la carte dit vraiment
La question revient sans cesse : doit-on venir en voiture ? La carte tranche d'elle-même. Regardez le réseau routier : il monte, mais il ne longe pas la côte. Regardez la ligne de train : elle s'arrête dans chaque village. Il n'y a pas débat.
Le train régional, la colonne vertébrale
Le train qui relie Levanto à La Spezia en passant par Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore est la seule colonne vertébrale pratique du parc. Les trajets entre villages durent quelques minutes seulement, ce qui fait qu'une carte des 5 Terres bien lue ressemble à un chapelet d'arrêts sur une ligne unique.
L'inconvénient, avouons-le : aux heures de pointe, les rames sont bondées. On se retrouve debout, sac contre sac, à regarder la mer par la fenêtre entre deux têtes. Ce n'est pas glamour, mais c'est efficace.
La voiture : utile pour arriver, inutile pour circuler
Je l'ai fait une fois, en voiture. Jamais deux. Les parkings à l'entrée des villages sont rares et chers, la circulation dans la zone est fortement régulée, et une fois garé, vous ne pouvez plus rien faire d'autre qu'attendre. La voiture sert à rejoindre Levanto ou La Spezia, puis elle se gare et elle reste là. C'est un point sur lequel je ne bougerai pas : si vous voulez visiter les villages, laissez la voiture à l'entrée du parc.
Sentiers, saisons, fermetures : la carte qu'on ne trouve pas en ligne
Un sentier fermé, c'est un plan anéanti. Je le sais parce que je suis monté jusqu'à Vernazza pour redescendre aussitôt : le tronçon côtier que j'avais prévu était fermé ce jour-là. Ce genre de fermeture n'est pas rare — les éboulements sont fréquents sur ces pentes raides, et certains tronçons restent fermés pendant des mois, voire des années.
Le sentier côtier : pratique mais fragile
Le sentier qui relie les villages en bord de mer est le plus fréquenté et le plus vulnérable. Il peut être payant sur certains tronçons : la Cinque Terre Card, achetée à l'entrée, couvre l'accès à certains sentiers et le train régional. Vérifiez avant de partir ce qui est ouvert — c'est le genre d'info que seule une carte à jour (ou un arrêt à un point d'information du parc) vous donnera.
- Prévoyez une carte hors ligne sur votre téléphone : le réseau est capricieux entre deux criques.
- Les chaussures de randonnée ne sont pas un luxe, même pour le sentier côtier.
- En été, partez tôt : la chaleur sur les terrasses est écrasante en milieu de journée.
- Notez les horaires du dernier train de retour avant de partir marcher.
Un itinéraire carte à la main, sur deux jours
Voilà ce que je recommande, et c'est ce que je fais moi-même quand j'y retourne. Jour 1 : arrivée à Riomaggiore, train pour Manarola, marche et coucher de soleil. Jour 2 : Monterosso tôt le matin (la plage évite la foule avant 10 h), train pour Vernazza, déjeuner, puis Corniglia en fin d'après-midi pour la lumière. On saute les journées marathon. On rentre avec des souvenirs plutôt qu'avec des ampoules.
Ce découpage est visible directement sur une carte : deux villages par jour, une ligne de train comme fil conducteur, et la mer toujours à votre gauche ou à votre droite. Le reste, c'est de l'organisation, pas de la magie.
Ce que la carte ne vous montrera jamais
La carte vous montre les villages, les rails et les sentiers. Elle ne montre pas la foule du mois d'août (des milliers de visiteurs quotidiennes dans des ruelles larges de deux mètres), ni la fatigue des marches, ni le fait qu'un village peut être plus beau vu de loin que de près. Elle ne montre pas non plus cette évidence : les Cinque Terre se méritent, et c'est peut-être ce qui les rend mémorables.
Alors, quand vous déplierez votre carte sur le quai de La Spezia, faites comme je l'ai conseillé à ce couple perdu : choisissez deux villages, pas cinq. Vous verrez ce que la carte ne sait pas représenter — le silence d'une terrasse de vignes à l'aube, le clapotis contre les barques de Manarola, et cette impression, en haut du sentier, d'avoir compris où vous êtes vraiment.